February 21, 2021

Notre parcours vers la banque mixte

By Maude Roberge Dumas
Un père et son fils adoptif de dos qui regardent la mer

Notre parcours vers la banque mixte

Cet article ce veut un mémoire sur notre expérience vers la parentalité et notre processus vers la banque mixte.

L'origine de notre parcours : un souci de santé

En juin 2016, à l’âge de 28 ans, j’ai subi une opération pour que l’on me retire un kyste ovarien (dermoïde). Il était pas mal gros: 9 cm x 11 cm environ. Les médecins ne savaient pas s’ils allaient pouvoir sauver mes deux ovaires et ils devaient aussi faire une autre biopsie pour s’assurer que c’était bien bénin.
Entre l’annonce du diagnostic et l’opération, il s’est écoulé six mois. J’ai été chanceuse, j’ai été mise en priorité vus mon âge et la région où se logeait le kyste.
Pour le système de santé québécois, six mois entre une annonce et une opération, c’est assez rapide. De mon point de vue à ce moment-là, je vous dirais que six mois c’était très long. Six mois à me demander si j’avais un cancer et si j’allais pouvoir avoir des enfants. Six mois, ça laisse amplement le temps de réfléchir aux multiples possibilités et embranchements que pourrait prendre ma vie.

Notre réflexion : l'adoption internationale ou la banque mixte

Une victoire vers la parentalité

Dans l’optique où le pire arriverait, il me fallait une solution à laquelle m’accrocher. J’ai toujours voulu des enfants et mon conjoint Christian aussi; nous n’allions pas abandonner le projet de famille à cause d’un (maudit) kyste. Je m'étais donc énormément renseignée sur l’adoption; québécoise, nationale et internationale.
Puis, suite à l’opération, je me suis réveillée sans cancer avec un ovaire et une trompe de Fallope en moins. Victoire 🥳 trois mois plus tard, nous étions enceintes. La preuve qu'avec un ovaire et une trompe, on peut faire des enfants.

Un questionnement toujours présent

Durant la première année de vie de notre fils, on s’est beaucoup questionné sur le deuxième enfant. Tous les deux, nous avions été très attirés par l’adoption et on s’était un peu fait à l’idée. De mon côté j'étais frileuse à l'idée d'accueillir un enfant et de le voir partir, donc j'étais peu interessée envers la banque mixte du Québec.
L’adoption internationale était notre première option.
Nous avons donc pris rendez-vous chez le notaire pour se marier, parce que presque tous les pays exigent que les parents adoptants soient mariés depuis au moins 2-3 ans.

La banque mixte

Au fil de nos démarches, nous avons commencé à trouver que c'était pas mal long (10 à 12 ans selon les régions), complexe et très couteux, adopter à l’international. Nous nous sommes questionnés sur le but derrière notre démarche: agrandir notre famille en accueillant un enfant qui a justement besoin d’une famille. C’est si simple au fond.
Il y a malheureusement des centaines d’enfants qui attendent une famille d’accueil ici, au Québec. Pourquoi parcourir la moitié de la terre alors qu’il y a un besoin criant? Parce que c’est risqué. Il faut être certain de nos intentions à la base. Nous avons donc fait énormément de recherches sur la DPJ, les familles d’accueil et le processus pour adopter via la banque mixte.
À force de discuter, nous en sommes venus à la conclusion que la meilleure option serait de se tourner vers la banque mixte, en étant très conscients des lacunes du système et en suivant de près la commission Laurent. Ne t'inquiètes pas, bien que notre but est d’aider un enfant, nous ne nous prenons pas pour des super-héros. Beaucoup de choses sont à revoir quant aux droits des enfants, mais au final, il reste que des enfants ont besoin d’un foyer rapidement.

Mon expérience de grossesse

Beaucoup me demande si nous avons choisi l’adoption parce que je n’ai pas aimé être enceinte ou si c’est parce que j’ai eu un accouchement difficile. J’ai aimé être enceinte, mais oui, j’ai eu un accouchement intense et j’ai trouvé cela physiquement très éprouvant.
Ça m’a pris un certain temps à m'assumer parce que j’avais honte de préférer adopter que de tomber enceinte à nouveau. Tant de femmes désirent une grossesse et ne peuvent pas. Qui étais-je, moi, pour dire non, alors que j’en suis capable?
J’avais envie d’être mère à nouveau, mais pas de me battre avec mon corps.

Notre définition d'une famille

Pour nous, la parentalité n’est pas une affaire de sang, c’est une affaire de présence, de patience, de constance et de don de soi. Jour après jour.
Nous avons annulé notre mariage et nous nous sommes inscrits à la première rencontre d’informations sur la banque mixte.
Envie de connaître la suite? Je vous invite à lire notre histoire écrite quelques heures avant l'arrivée de notre cocotte.

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