July 09, 2021

Lettre à mon fils.

By Maude Roberge Dumas
Lettre à mon fils.

Juin 2017 - Piedmont

Édouard, 

C'est la première lettre que je t'écris.

C'est drôle, on ne se connaît pas encore, mais depuis six mois on partage le même corps et je ne t'ai encore jamais serré dans mes bras, pourtant je t'aime déjà inconditionnellement. Malgré la vague d'inconnu qui s'en vient, je suis submergée d'amour pour toi. Je sais que notre rencontre sera une grande aventure, qu'on ne se comprendra pas toujours, que je serai maladroite, que tu ne pourras pas me dire tout de suite ce qui te chicote, mais je suis persuadée que l'on trouvera le chemin l'un vers l'autre. Parce qu'une chose est certaine, mon beau garçon, tu es attendu et si désiré, c'est l'essentiel. 

Je tenterai de te faire découvrir le monde un peu chaque jour, que tes yeux soient éblouis par toute la beauté qui nous entoure tout en étant capable d'accepter la part d'ombre qui fait aussi partie de la vie, car vois-tu mon amour, il y a toujours deux côtés aux choses. Sans la pluie, il n'y aurait pas de fleurs. 

J'avoue avoir un petit vertige quand je pense que je vais te mettre au monde sur une terre lâchement massacrée au fil des siècles, mais je suis une optimiste et je crois que la prochaine génération, celle dont tu feras partie, sera une génération bienveillante, allumée qui mettra fin au cycle sans fin. Je crois que l'amour, la bienveillance, l'ouverture et le respect sont assez forts pour faire repousser la couche d'ozone et nettoyer les océans. Devenir ta maman, me redonne un brin d'espérance en l'humanité, à moins que ce soit mes hormones de grossesse qui me rendent ma naïveté d'antan. L'avenir nous le dira. 

Nous ferons de notre mieux pour que ta venue au monde soit aussi paisible que possible. J'ai hâte de te déposer tout contre moi. En attendant, il nous reste encore trois mois de fusion, profitons-en. 

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