mai 28, 2021

L’année où nous nous sommes trouvés.

Par Maude Roberge Dumas
L’année où nous nous sommes trouvés.

« Lorsque tu as un œil rivé sur la destination, il ne te reste plus qu’un œil pour trouver la voie. » - Barry Stevens

Le 31 mai, Christian et moi, allons fêter nos douze ans de vie commune, pour souligner l’événement, j’ai envie de rendre hommage aux hasards de la vie ou au destin, tout dépend à ce que l’on croit. 

Notre histoire commence en mars 2009. Ce printemps-là, j’étais aussi heureuse que fébrile, car j’allais enfin concrétiser un rêve : faire les stages dans les écoles de théâtre. Pour les moldus qui n’ont aucune idée de ce dont je parle, en gros, pour rentrer dans une école de théâtre, il faut réussir une première, puis une deuxième audition, ensuite si on est choisi, on est invité à suivre un stage d’une semaine environ. Durant ces stages, les profs nous font faire toutes sortes de choses saugrenues que je tairai, car vous ne me croiriez même pas. À la fin du stage, on doit refaire une troisième audition, puis attendre le résultat en se croisant les doigts, en allumant des cierges et en envoyant des pensées positives dans l’univers.

En 2009 donc, j’ai réussi à atteindre deux stages; celui du Conservatoire de Montréal et celui de l’École Nationale de Théâtre. Je capotais comprenez-vous, j’étais si près de mon rêve; je pouvais presque y toucher. Je n’avais donc qu’un but : être acceptée et devenir une grande comédienne. Rien d’autre ne comptait, rien d’autre ne m’intéressait.

Afin de bien nous évaluer, le corps professoral avait divisé les candidats en petits groupes de six. C’est là donc que ma vie a bifurqué, car j’ai fait la rencontre de Christian pour la première fois. Pour être honnête, je le trouvais zéro attirant avec ses pantalons de hippie en patchouli et son attitude condescendante. J’ai prié de toutes mes forces pour ne pas être jumelée en équipe avec lui, en vain. 

Je vous vole le punch : cette année-là, je n'ai pas réalisé mon rêve, je n’ai été acceptée dans aucune des écoles. Cette année-là, à la place, j’ai reçu le premier morceau d’un grand casse-tête; celui de ma vie d’adulte. Sans cette rencontre, je n’écrirais pas ces lignes et mes enfants ne dormiraient pas paisiblement dans leur chambre. Notre histoire est improbable, imparfaite, mais elle perdure. Je me demande encore comment parfois, puisqu’au départ tout nous séparait et ni un ni l’autre ne cherchait une relation à long terme.

Le secret de la longévité? Honnêtement aucune idée. J’imagine que c’est différent pour chaque couple, nous notre recette : du respect, de la franchise, de la communication et beaucoup d’humour.

Nos parents nous le répète souvent, rien n’arrive pour rien, chaque expérience forge la personne que nous serons demain et tout ce que nous faisons, peut nous servir plus tard. Aujourd’hui, même après avoir graduée du Conservatoire en 2013, je ne suis pas devenue la grande actrice dont je rêvais, en cours de route, j’ai pris une autre avenue et j’ai réalisé un autre rêve, celui d’avoir une famille, une vie riche remplie de projets et d’amitiés précieuses en accord avec mes valeurs. Et j’ai la chance de vivre ça au côté d’un chum respectueux, aimant et drôle. Le genre de chum dont toutes les petites filles devraient rêver au lieu du narcissique prince charmant. 

Quand j’ai l’impression que la vie ne m’apporte pas ce que je veux, je me répète le début de notre histoire et ça me rassure. Les objectifs et les rêves se transforment, au cours de notre vie, au fond il n’y a pas vraiment de fin ou d’échecs, seulement le commencement d’autres chapitres.

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